PAC 2018 : ICHN sauvée pour 2018, le ministère assure le service minimum

Les arbitrages pour la PAC 2018 ont été rendus par le ministre de l’Agriculture Stéphane Travert.

La mobilisation et les arguments de la Conf’ ont permis de convaincre le ministre de pratiquer un transfert du 1er pilier (aides aux surfaces) vers le 2ème pilier (aides aux systèmes). Toutefois, cela s’est fait à minima.

Ainsi, le nouveau périmètre de l’ICHN, avec de nouveaux bénéficiaires, est annonciateur d’un nouveau problème de financement dès 2019.

D’autre part, les régions resteront en peine de financement pour les aides au maintien de l’agriculture biologique et pour les mesures agri-environnementales : pas de transfert prévu pour ces aides-là.

Le Ministère de l’Agriculture a enfin négligé tout renforcement du soutien aux 52 premiers hectares de chaque ferme, que demandait la Conf’ et, dans une moindre mesure, les JA.

Les revendications de la Conf’ vont dans le sens de l’emploi agricole et de l’Agroécologie. Elles ont permis de sauvegarder l’ICHN, 90 millions d’euros en 2015 en Aveyron, mais se sont heurtées à la vision rétrograde des grands céréaliers de la FNSEA et de la CR.

Le Ministère a raté le coche. Inutile d’annoncer 5 Milliards d’euros d’aides à l’investissement dans le secteur agricole si c’est pour faire disparaître des paysans au profit de l’agro-industrie.

Inutile d’annoncer un système de paiement pour services environnementaux si avant on étrangle l’agriculture biologique et l’emploi agricole.

La Conf’ ne demande pas d’augmenter les budgets mais de mieux les répartir. Et nous continuerons à agir dans ce but. Prochaine étape, défendre les surfaces pastorales…

Nous réclamons par ailleurs au gouvernement du courage pour répartir enfin, en légiférant, équitablement la richesse entre producteurs, transformateurs et distributeurs. Alors tous les paysans pourront vivre de leur métier, et produire tous en cohérence avec la nature et les attentes sociétales.

Monsieur Travert, Ministre de l’Agriculture, sera présent en Aveyron le 1° septembre, nous saurons lui parler de tous les loups qui nous menacent. Les enjeux sont nombreux et colossaux. Ils dépassent le cadre de l’agriculture.

 

Laurent Réversat et Francis Sabrié, co-porte-paroles de la Confédération paysanne Aveyron

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