Un jeu pour sensibiliser sur l’accès au métier de paysan à Rodez le 12/01

article de la Dépêche du 14/01

Le syndicat de la Confédération paysanne a sensibilisé, samedi matin, au marché, sur la problématique de l’installation.

Recherche de foncier à la place du puits, formation en lieu et place du labyrinthe ou encore les normes remplaçant la tête de mort, le jeu de l’oie inédit proposé, samedi, par la Confédération paysanne était à la fois symbolique et pédagogique. «Cela permet d’expliquer aux citoyens la difficulté pour les paysans à s’installer en montrant ce que tu dois faire et à quoi tu peux prétendre à travers toutes les étapes à franchir», résume Francis Sabrié, l’un des porte-parole de la Conf’.

L’installation, un parcours du combattant

Un jeu où s’enchaîne dès la case de départ, glossaire en main pour comprendre les abréviations et les jargons de la profession, un véritable parcours du combattant. Recherche de foncier, formation, banque, administration, foncier à nouveau, formation encore… À titre d’exemple concret et non virtuel, un jeune couple présent hier sur le marché arrive enfin à la case installation au bout de… 3 ans. Et encore, le parcours est plus ardu pour celui qui est hors cadre, à savoir non issu du monde agricole, devant trouver un garant pour obtenir le feu vert de la banque. Sans compter que l’installation n’est pas l’aboutissement, reste à percevoir un revenu. Et les cases s’enchaînent à nouveau au gré des aléas climatiques, mode de production et autre crise sanitaire. L’occasion pour la Conf’de pointer du doigt l’arrêt du financement en amont de la formation autrefois financée par l’Europe via Vivea (Fonds pour la formation des entrepreneurs du vivant) et de réclamer l’encadrement du foncier pour faciliter l’installation. «Cet encadrement permettrait aussi de ne plus être dans la démarche d’agrandir les fermes et de revenir à des exploitations à taille humaine».

La balle est dans le camp des consommateurs

À ce jeu-là, pas du jeu de l’oie, mais de la réalité économique et sanitaire, la balle est dans le camp des consommateurs. Le retour au local est significatif mais encore faut-il que l’État et l’Europe jouent aussi le jeu ? Pour cela, l’enjeu porte notamment sur les normes similaires entre les grands groupes et le petit producteur en vente directe alors qu’elles ne sont pas compatibles. Sur ce dossier pointe une éclaircie à l’image du guide de la biosécurité pour la volaille permettant d’alléger les normes pour les petits exploitants. Car l’enjeu de ce jeu n’était pas de décourager mais bien de sensibiliser et de montrer les aspects positifs du métier à travers des cases comme l’environnement social positif et surtout d’avoir pu réaliser son projet de vie. En clair, le bonheur est encore accessible dans le pré. «Ce métier devient aussi de plus en plus une vocation auprès des gens qui effectuent des reconversions, et ils sont de plus en plus nombreux», souligne Camille Valabrègue, animatrice de la Conf’. Et de conclure : «Ce sont ces gens, hors cadre, qui peuvent sauver le métier». Avec à la clef continuer à pouvoir nous nourrir, ce qui n’est pas négligeable, non ?

En chiffres

1 agriculteur sur 3 > a plus de 55 ans. Plus de la moitié n’ont pas de repreneurs.
10 145 agriculteurs > en Aveyron en 2018, soit 10 % de moins en 6 ans. Ils étaient 23 400 dans le département en 1988.

Olivier Courtil

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