La Conf’ s’invite chez Leclerc pour dénoncer les prix bas !

Revenu paysan : la Conf’ fait entendre son amertume chez Leclerc à Onet

  • « Les prix bas nous entraînent vers la malbouffe et l’industrialisation de l’agriculture », affirment les militants..
    « Les prix bas nous entraînent vers la malbouffe et l’industrialisation de l’agriculture », affirment les militants.. XB
Article Centre presse publié le
Une trentaine de militants, dont le porte-parole national Laurent Pinatel, ont investi hier la grande surface castonétoise.

Derrière leurs revendications de « prix justes » permettant de rémunérer dignement les paysans, une trentaine de militants de la confédération paysanne ont souhaité attirer l’attention du grand public sur le sort qui leur est réservé par la grande distribution et les différents intermédiaires.

Peu après 16 heures, ils sont entrés dans le magasin Leclerc d’Onet-le-Château, procédant à des relevés de prix sur fruits, légumes, viandes et laitages, des relevés qui ont eu pour conséquences de susciter interrogations et colère dans les ranges de la Conf’.

« Le problème est d’expliquer aux gens que les prix bas font crever l’agriculture. Nous demandons à Leclerc d’acheter leurs produits aux paysans à un prix qui leur permette de vivre », explique Christian R.

Le porte-parole aveyronnais Francis Sabrié a pour sa part insisté sur le fait que « le prix juste n’est pas forcément le prix bas. Les prix bas nous entraînent vers la malbouffe et l’industrialisation de l’agriculture ».

Entre quelques échanges avec les clients, sous l’œil plutôt bienveillant des services de sécurité du magasin, les syndicalistes ont ensuite collé de nombreux autocollants affirmant notamment « Notre métier a un prix », « Lactalis voyou, État complice » ou encore « l’agrandissement des fermes tue les campagnes ».

Laurent Pinatel, le porte-parole national de la confédération paysanne, était présent aux côtés de ses camarades en préambule à la réunion publique qu’il a animé dans la soirée au sujet de la Politique agricole commune à la salle Saint-Éloi à Rodez. Lui aussi n’a pas manqué de s’interroger sur la « disparition des marges ».

Un jeu pour sensibiliser sur l’accès au métier de paysan à Rodez le 12/01

L’article de la Dépêche du 14/01

Le syndicat de la Confédération paysanne a sensibilisé, samedi matin, au marché, sur la problématique de l’installation.

Recherche de foncier à la place du puits, formation en lieu et place du labyrinthe ou encore les normes remplaçant la tête de mort, le jeu de l’oie inédit proposé, samedi, par la Confédération paysanne était à la fois symbolique et pédagogique. «Cela permet d’expliquer aux citoyens la difficulté pour les paysans à s’installer en montrant ce que tu dois faire et à quoi tu peux prétendre à travers toutes les étapes à franchir», résume Francis Sabrié, l’un des porte-parole de la Conf’.

L’installation, un parcours du combattant

Un jeu où s’enchaîne dès la case de départ, glossaire en main pour comprendre les abréviations et les jargons de la profession, un véritable parcours du combattant. Recherche de foncier, formation, banque, administration, foncier à nouveau, formation encore… À titre d’exemple concret et non virtuel, un jeune couple présent hier sur le marché arrive enfin à la case installation au bout de… 3 ans. Et encore, le parcours est plus ardu pour celui qui est hors cadre, à savoir non issu du monde agricole, devant trouver un garant pour obtenir le feu vert de la banque. Sans compter que l’installation n’est pas l’aboutissement, reste à percevoir un revenu. Et les cases s’enchaînent à nouveau au gré des aléas climatiques, mode de production et autre crise sanitaire. L’occasion pour la Conf’de pointer du doigt l’arrêt du financement en amont de la formation autrefois financée par l’Europe via Vivea (Fonds pour la formation des entrepreneurs du vivant) et de réclamer l’encadrement du foncier pour faciliter l’installation. «Cet encadrement permettrait aussi de ne plus être dans la démarche d’agrandir les fermes et de revenir à des exploitations à taille humaine».

La balle est dans le camp des consommateurs

À ce jeu-là, pas du jeu de l’oie, mais de la réalité économique et sanitaire, la balle est dans le camp des consommateurs. Le retour au local est significatif mais encore faut-il que l’État et l’Europe jouent aussi le jeu ? Pour cela, l’enjeu porte notamment sur les normes similaires entre les grands groupes et le petit producteur en vente directe alors qu’elles ne sont pas compatibles. Sur ce dossier pointe une éclaircie à l’image du guide de la biosécurité pour la volaille permettant d’alléger les normes pour les petits exploitants. Car l’enjeu de ce jeu n’était pas de décourager mais bien de sensibiliser et de montrer les aspects positifs du métier à travers des cases comme l’environnement social positif et surtout d’avoir pu réaliser son projet de vie. En clair, le bonheur est encore accessible dans le pré. «Ce métier devient aussi de plus en plus une vocation auprès des gens qui effectuent des reconversions, et ils sont de plus en plus nombreux», souligne Camille Valabrègue, animatrice de la Conf’. Et de conclure : «Ce sont ces gens, hors cadre, qui peuvent sauver le métier». Avec à la clef continuer à pouvoir nous nourrir, ce qui n’est pas négligeable, non ?


En chiffres

1 agriculteur sur 3 > a plus de 55 ans. Plus de la moitié n’ont pas de repreneurs.

10 145 agriculteurs > en Aveyron en 2018, soit 10 % de moins en 6 ans. Ils étaient 23 400 dans le département en 1988.

Olivier Courtil

La France doit se saisir de la prochaine PAC Pour mieux reconnaître les surfaces pastorales

Les paysannes et paysans qui exercent sur les surfaces pastorales, en perpétuant un mode d’élevage à la fois traditionnel mais aussi renouvelé, sont l’avenir d’une agriculture en phase avec son temps : élevage en plein air, production d’une alimentation de qualité, maintien d’une activité dans des zones rurales qui seraient abandonnées, rôle environnemental fondamental dans des espaces parfois classés Natura 2000. Pourtant, ces surfaces, du fait de leur hétérogénéité, ne sont pas reconnues à leur juste valeur par la politique agricole commune. Sur la base des règles actuelles de la PAC, l’évaluation de l’éligibilité de ces surfaces et la manière de les contrôler est rendue difficile et très subjective.

La Confédération paysanne, en pointe sur ce sujet, avait demandé à la France de se saisir du règlement Omnibus pour permettre leur meilleure prise en compte dans la PAC. Le Ministère de l’agriculture n’a pas saisi toutes les opportunités qu’offrait ce règlement. Les règles d’admissibilité des surfaces sont de plus en plus sévères et les contrôles exigeants voire excluant.

Il y a plus de six mois, la Confédération paysanne a demandé au Ministère la mise en place d’un groupe de travail sur ce sujet. Cette demande étant restée lettre morte, nous avons pris les devants et organisé le 28 novembre à Montpellier une journée de travail réunissant plus d’une trentaine d’acteurs : paysans, paysannes et techniciens pastoraux. PACA et Occitanie sont les deux régions les plus concernées par les pratiques pastorales, en montagne, sur les coteaux ou dans les espaces naturels méditerranéens. De nombreux paysans et paysannes de notre région étaient présents : de l’Aude, de l’Ariège, du Gard, de l’Aveyron, de la Lozère … ils sont venus avec un objectif : être force de propositions pour obtenir une meilleure reconnaissance des surfaces pastorales.
Pour la Confédération paysanne, la PAC post 2020 doit être l’occasion d’y parvenir !